Vie privée & voyage
Vos droits RGPD sur votre historique de trajets VTC : comment les faire valoir
18 septembre 2026
Réserver un trajet VTC classique, c’est aussi accepter qu’une application conserve, quelque part, un historique détaillé de vos déplacements : adresses, horaires, parfois position suivie pendant toute la course. Le RGPD vous donne des droits précis sur ces données — encore faut-il savoir lesquels, et comment les faire valoir concrètement quand un service ne facilite pas la démarche.
L’essentiel
- Le RGPD vous donne au moins quatre droits directement utiles sur vos données de trajet : le droit d’accès (savoir ce qui est conservé sur vous), le droit de rectification, le droit à l’effacement, et le droit à la portabilité.
- Toute organisation qui reçoit une demande d’exercice de ces droits doit y répondre dans un délai maximum d’un mois, prolongeable à trois mois pour une demande complexe.
- La demande se fait par écrit, directement auprès du service concerné — pas besoin d’avocat, et c’est gratuit.
- Sans réponse, ou face à une réponse insuffisante passé ce délai, il est possible de saisir la CNIL en ligne, gratuitement.
- Chez Éclipse, la question se pose différemment : sans géolocalisation active ni historique de trajet conservé après la course, il n’y a simplement rien à réclamer une fois le trajet terminé.
Ce que contient concrètement votre historique VTC
Selon le service, un compte VTC classique peut conserver bien plus que le strict nécessaire à la facturation : adresses de départ et d’arrivée, horodatage précis, position GPS suivie pendant la course, moyen de paiement, note laissée au chauffeur, parfois les trajets consultés sans être réservés. Cumulé sur plusieurs mois ou années, cet historique permet de reconstituer des habitudes de déplacement bien plus précises que ce qu’on imagine au moment de commander une simple course.
Le droit d’accès : savoir ce qui est réellement conservé sur vous
Avec l’article 15 du RGPD, vous pouvez demander à un service s’il détient des données sur vous, consulter ces données et en obtenir une copie gratuite — avec le détail des finalités du traitement, des destinataires éventuels, et de la durée de conservation. La CNIL rappelle que l’organisation dispose d’un délai d’un mois maximum pour répondre à ce type de demande, délai qui peut être prolongé de deux mois supplémentaires si la demande est complexe ou nombreuse — l’organisation doit alors vous en informer dans le premier mois, en expliquant pourquoi.
Effacement et portabilité : deux droits complémentaires
Le droit à l’effacement (article 17 du RGPD, parfois appelé « droit à l’oubli ») sert à demander la suppression de données qui ne sont plus nécessaires à la finalité pour laquelle elles ont été collectées — le cas typique d’un historique de trajets conservé bien après la fin de la relation commerciale. Le droit à la portabilité (article 20), lui, va dans l’autre sens : il permet de récupérer ses données dans un format structuré et réutilisable pour les transférer ailleurs — utile si vous changez de service et voulez garder une trace de vos propres trajets sans dépendre du prestataire précédent.
Un secteur sous surveillance réglementaire réelle
Le traitement des données par les plateformes VTC n’est pas qu’une question théorique. Le 24 août 2026, l’autorité néerlandaise de protection des données, en coopération avec la CNIL, a condamné Uber à près de 825 millions d’euros pour des décisions automatisées prises sans intervention humaine à l’encontre de ses chauffeurs. Cette troisième sanction fait suite à deux précédentes, dont une de 290 millions d’euros en juillet 2024 visant une information insuffisante sur les transferts de données hors Union européenne. Ces décisions concernent d’abord la relation entre la plateforme et ses chauffeurs — mais un régulateur qui inflige plus d’un milliard d’euros d’amendes cumulées en trois ans sur des sujets de données n’est pas en train de bluffer, y compris pour le reste du secteur VTC.
Comment formuler une demande efficace
- Écrivez directement au service (formulaire dédié, adresse de contact du délégué à la protection des données si elle est publiée, ou simple email au support).
- Précisez le droit invoqué (accès, effacement, portabilité…) et la période concernée.
- Joignez un élément permettant de vérifier votre identité si le service le demande — c’est normal, il doit s’assurer qu’il répond à la bonne personne.
- Conservez une preuve d’envoi et notez la date : le délai d’un mois court à partir de la réception de la demande.
- Passé ce délai sans réponse satisfaisante, vous pouvez adresser une plainte à la CNIL, gratuitement et en ligne.
Chez Éclipse : rien à réclamer, parce que rien n’est retenu
Cette démarche a un sens quand un service conserve vos données par défaut. Éclipse a fait un choix différent dès la conception : aucune géolocalisation active, aucun historique de position conservé après la course, aucune revente à des tiers — le détail est expliqué sur la page confidentialité. Cela ne dispense pas pour autant de connaître vos droits face aux autres services que vous utilisez au quotidien — mais cela signifie qu’avec Éclipse, il n’y a pas d’historique de trajet à faire effacer après coup, puisqu’il n’a jamais été constitué.
Questions fréquentes
Exercer ces droits a-t-il un coût ? Non. La première copie de vos données dans le cadre du droit d’accès est gratuite, de même que toute demande d’effacement, de rectification ou de portabilité.
Que faire si le service ne répond pas dans le délai ? Vous pouvez saisir la CNIL directement en ligne. Conservez la preuve de votre demande initiale (date d’envoi, contenu) pour appuyer votre réclamation.
Cela s’applique-t-il aussi à une application étrangère utilisée en France ? Oui : dès qu’un service traite les données de personnes situées dans l’Union européenne, il est soumis au RGPD, quel que soit son pays d’origine.